
En résumé :
- L’odeur intense des tanneries vient d’un processus ancestral à base de fiente de pigeon et de chaux, essentiel à la qualité du cuir. La comprendre est la première étape pour l’accepter.
- La menthe est une solution de dépannage ; les vraies stratégies sont de visiter l’après-midi, d’utiliser une huile essentielle d’eucalyptus ou un masque FFP2 pour les plus sensibles.
- Pour des photos exceptionnelles, il faut viser les terrasses des boutiques n°10 ou n°64 sur Derb Chouara, qui offrent les vues les plus plongeantes.
- Distinguez le vrai cuir artisanal par son grain irrégulier, son odeur animale (non chimique) et sa souplesse au pliage.
L’image est dans tous les esprits : une mosaïque hallucinante de cuves multicolores sous le soleil marocain. Les tanneries de Fès sont une promesse visuelle puissante, un rêve pour tout photographe en quête d’authenticité. Mais cette promesse s’accompagne d’une réputation tout aussi forte, celle d’une odeur âcre et tenace qui semble pouvoir terrasser les plus téméraires. Beaucoup de visiteurs, armés de leur appareil photo, se retrouvent décontenancés, leur expérience sensorielle se résumant à un combat entre l’émerveillement et la nausée. Le conseil le plus répandu, presque un cliché, est de se munir d’une branche de menthe fraîche tendue à l’entrée. C’est une solution, certes, mais elle reste en surface.
Et si la véritable clé n’était pas de masquer l’odeur, mais de la comprendre pour mieux la dépasser ? Si, en changeant de perspective, on pouvait transformer cette épreuve olfactive en une partie intégrante d’une expérience immersive et fascinante ? En tant que guide habitué à accompagner les regards curieux et les nez sensibles dans la médina, je vous assure que c’est possible. La réussite de votre visite et de vos photos ne tient pas à la robustesse de vos narines, mais à une bonne préparation et à une compréhension de ce qui se joue sous vos yeux. L’odeur n’est pas un défaut de fabrication, c’est la signature d’un savoir-faire millénaire.
Ce guide est conçu pour vous armer des bonnes stratégies. Nous allons déconstruire le processus pour que vous puissiez l’expliquer, trouver les points de vue qui transformeront vos clichés, et vous donner les clés pour ne plus subir la visite, mais la maîtriser. De la chimie du tannage aux astuces pour négocier un accès privilégié, vous aurez toutes les cartes en main pour que l’odeur redevienne ce qu’elle est : une simple note de fond dans la symphonie artisanale de Fès.
Pour vous guider à travers ce dédale sensoriel et pratique, cet article est structuré pour répondre à chaque étape de votre future visite. Des secrets de fabrication du cuir aux astuces concrètes pour l’achat, en passant par la gestion de l’incontournable odeur, chaque section est une clé pour déverrouiller une expérience authentique et réussie.
Sommaire : Le guide complet pour une visite réussie des tanneries de Fès
- Fiente de pigeon et chaux : pourquoi ces ingrédients sont-ils irremplaçables pour le cuir de qualité ?
- Quelle boutique offre la vue la plus plongeante sur les cuves sans obligation d’achat ?
- Grain et souplesse : comment reconnaître la qualité de la peau au toucher ?
- Comment savoir si ce sac « naturel » a été teint avec des produits chimiques modernes bon marché ?
- Feuilles de menthe ou masque : quelle technique fonctionne vraiment contre l’odeur des cuves ?
- Acheter de l’artisanat au Maghreb : comment distinguer le véritable fait-main des copies industrielles ?
- Derniers dinandiers et ébénistes : où voir les artisans travailler dans leurs ateliers d’origine ?
- Acheter des épices au souk : comment constituer un coffret de qualité pour moins de 20 € ?
Fiente de pigeon et chaux : pourquoi ces ingrédients sont-ils irremplaçables pour le cuir de qualité ?
Pour comprendre comment supporter l’odeur, il faut d’abord comprendre sa raison d’être. L’odeur n’est pas un accident, elle est le sous-produit d’une alchimie millénaire. Les tanneries de Fès, comme la célèbre Chouara, n’ont quasiment pas changé leurs méthodes depuis le Moyen Âge. Le processus commence par le traitement des peaux brutes (chèvre, mouton, dromadaire, bœuf) pour les nettoyer, les assouplir et enlever les poils. C’est là que les deux ingrédients stars, et olfactifs, entrent en scène. Les peaux sont d’abord trempées dans une série de cuves remplies d’un mélange d’eau, de chaux vive, de sel et de fiente de pigeon. La chaux aide à décomposer les graisses et à faire tomber les poils, mais c’est la fiente de pigeon, riche en ammoniac, qui joue le rôle crucial d’agent assouplissant. C’est cet ammoniac qui est le principal responsable de l’odeur puissante et piquante qui flotte sur le quartier.
Cette première étape, qui dure plusieurs jours, est fondamentale pour préparer le cuir à recevoir la teinture et lui garantir sa souplesse légendaire. Sans cet « adoucissant » naturel, le cuir serait beaucoup plus rigide. Les tanneurs, véritables athlètes qui travaillent dans les cuves jusqu’à la taille, brassent ensuite les peaux pour s’assurer que le mélange pénètre uniformément. Après ce bain initial, les peaux sont rincées puis transférées dans d’autres cuves pour l’étape de la teinture. Savoir que cette odeur est le signe d’un processus 100% organique et traditionnel change radicalement la perception. Vous n’êtes plus face à une puanteur, mais face à la preuve vivante d’un artisanat qui refuse les raccourcis chimiques. C’est l’odeur de l’authenticité.
Quelle boutique offre la vue la plus plongeante sur les cuves sans obligation d’achat ?
Il n’y a pas de « billet d’entrée » officiel pour les tanneries. L’accès aux célèbres panoramas se fait quasi exclusivement via les nombreuses maroquineries qui entourent le site. C’est un système bien rodé : on vous invite à monter sur la terrasse pour admirer la vue (et prendre des photos), en espérant bien sûr que vous passerez par la boutique au retour. Pour le photographe, l’enjeu est de trouver le point de vue stratégique, celui qui offre la meilleure composition sans pour autant se sentir piégé. Oubliez les rabatteurs trop insistants et visez directement les adresses les plus réputées pour la qualité de leur vue.
Parmi les dizaines d’options, deux boutiques sortent du lot pour leurs terrasses particulièrement bien placées. La boutique N°10 sur Derb Chouara est souvent citée comme la meilleure. Sa terrasse offre un double accès et une vue imprenable depuis sa partie nord, juste au-dessus des cuves de teinture les plus colorées. Une autre excellente option est la boutique N°64, dont l’accès se fait par le côté nord des tanneries. Elle propose une vue plus perpendiculaire, idéale pour capturer la géométrie des lieux. N’hésitez pas à monter les escaliers étroits, la récompense est au bout. L’astuce, si vous ne souhaitez vraiment rien acheter, est de proposer directement au gardien ou au vendeur une petite gratification (généralement 10 à 20 dirhams par personne) pour accéder uniquement à la terrasse. C’est une pratique courante et souvent acceptée, qui vous évitera le circuit de vente parfois pressant.

Une fois sur la terrasse, prenez votre temps. La lumière change constamment, et les travailleurs se déplacent, offrant des scènes de vie uniques. Un téléobjectif peut être utile pour isoler des détails : un artisan au travail, la texture des peaux qui sèchent, les pigments purs sur le bord d’une cuve. La vue depuis ces terrasses transforme le chaos apparent en une composition artistique saisissante, justifiant à elle seule la visite.
Grain et souplesse : comment reconnaître la qualité de la peau au toucher ?
Après avoir capturé la beauté des tanneries, la tentation est grande de repartir avec un souvenir : un sac, une paire de babouches, un pouf. Mais comment s’assurer de la qualité du cuir, au-delà des affirmations du vendeur ? La réponse se trouve dans vos sens, et surtout dans le toucher. Apprendre à « lire le cuir » est une compétence qui vous servira dans tous les souks du Maroc. Le cuir de Fès, traité traditionnellement, possède des caractéristiques uniques. Le premier test est celui de l’odeur : une pièce de qualité doit avoir une senteur animale naturelle, forte mais pas désagréable. Méfiez-vous des odeurs chimiques âcres, qui signalent un tannage industriel ou des finitions de mauvaise qualité.
Le deuxième test est le toucher. Pliez un coin du cuir : il doit être souple et ne pas casser ni garder une marque de pliure permanente. Un bon cuir tanné à Fès est incroyablement résistant tout en étant doux. Enfin, l’examen visuel est primordial. Un cuir artisanal n’est jamais parfait. Cherchez les petites irrégularités, les variations naturelles dans le grain de la peau. Ce sont ces « imperfections » qui signent l’authenticité et le travail manuel, par opposition à la régularité sans âme d’un produit industriel. Chaque type de peau a sa propre texture, comme l’explique cette analyse comparative.
| Type de cuir | Texture au toucher | Usage principal | Test qualité |
|---|---|---|---|
| Chèvre | Fin et nerveux | Maroquinerie fine | Pliage sans marque |
| Mouton | Très souple et doux | Vêtements | Élasticité naturelle |
| Dromadaire | Épais et texturé | Sacs robustes | Résistance à la traction |
En vous familiarisant avec ces quelques repères, vous passerez du statut de touriste à celui de connaisseur éclairé. N’hésitez pas à toucher, sentir et observer les produits. Un artisan fier de son travail sera toujours heureux de vous voir apprécier la qualité de sa marchandise.
Comment savoir si ce sac « naturel » a été teint avec des produits chimiques modernes bon marché ?
L’un des arguments de vente principaux à Fès est l’utilisation de teintures « naturelles ». Si le processus de tannage initial est presque toujours traditionnel, la phase de coloration peut parfois prendre des raccourcis. La palette de couleurs des pigments naturels est un excellent indicateur pour distinguer l’authentique du chimique. Les teintures végétales et minérales, utilisées depuis des siècles, produisent des couleurs profondes et riches, mais dans une gamme limitée et reconnaissable. Apprendre à identifier cette palette est votre meilleure défense contre les imitations.
Les couleurs authentiques du cuir de Fès sont directement issues de la nature environnante. Un sac ou des babouches aux couleurs suivantes sont très probablement le fruit d’un travail traditionnel :
- Jaune Safran : Une teinte dorée, chaude et légèrement orangée, obtenue à partir du précieux safran ou plus communément du curcuma.
- Rouge Coquelicot : Un rouge profond et vibrant, presque brique, issu des pétales de fleurs de pavot séchées.
- Bleu Indigo : Le fameux bleu intense et mythique, obtenu à partir des feuilles de l’indigotier.
- Orange Henné : Une couleur cuivrée, terreuse et caractéristique, provenant de la plante de henné.
- Vert Menthe : Un vert plus doux et naturel.
Le signal d’alerte principal ? Les couleurs excessivement vives et uniformes. Un sac rose fuchsia, vert pomme, turquoise ou bleu électrique a quasi certainement été teint avec des pigments chimiques modernes. Ces couleurs sont impossibles à obtenir avec des plantes. Si elles peuvent être attrayantes, elles ne reflètent pas le savoir-faire traditionnel de Fès et sont souvent appliquées sur des cuirs de moindre qualité. En privilégiant la palette naturelle, vous soutenez non seulement un artisanat durable, mais vous vous assurez aussi d’acquérir une pièce qui vieillira bien, sa couleur se patinant avec le temps plutôt que de s’affadir.
Feuilles de menthe ou masque : quelle technique fonctionne vraiment contre l’odeur des cuves ?
Abordons la question qui préoccupe tout visiteur : comment survivre à l’assaut olfactif ? La fameuse branche de menthe que l’on vous tend à chaque coin de rue est plus un rituel qu’une solution miracle. La presser contre son nez offre un soulagement temporaire, une distraction agréable, mais elle ne bloque en rien les particules d’ammoniac. Pour les personnes vraiment sensibles ou celles qui souhaitent rester longtemps pour photographier, il faut adopter des stratégies plus robustes. Comme le soulignent de nombreux guides, la menthe est un premier geste indispensable, mais souvent insuffisant.
When you enter the square, sellers will hand you a sprig of mint – it’s essential for seeing the vessels without passing out from the intense smell. The second you head up to a roof terrace, press the mint to your nose – it neutralises the stench of the dyes and faeces used in the tanning process.
– Barcelo, Barceló Travel Guide
Heureusement, des alternatives plus efficaces existent. La première, et sans doute la plus performante, est le masque FFP2. Conçu pour filtrer les particules fines, il est remarquablement efficace contre l’ammoniac. Il peut sembler excessif, mais pour un photographe qui veut se concentrer sur son cadrage pendant 20 minutes, c’est la garantie d’une tranquillité totale. Une autre option, plus discrète, est d’appliquer une goutte d’huile essentielle puissante (eucalyptus, menthe poivrée) sur un mouchoir ou directement sous les narines. L’effet est beaucoup plus durable et puissant que celui de la menthe fraîche. Enfin, la meilleure stratégie est la planification : c’est la « chronologie olfactive ». Évitez de visiter les tanneries tôt le matin, lorsque les cuves de tannage sont le plus brassées et que l’odeur est à son paroxysme. Privilégiez l’après-midi. Sachez aussi que le cerveau humain est doté d’un formidable mécanisme d’habituation : après 10 à 15 minutes, l’intensité de l’odeur perçue diminue considérablement. Parfois, la meilleure solution est simplement de tenir bon les premières minutes.
À retenir
- Comprendre pour maîtriser : L’odeur des tanneries n’est pas un défaut mais le signe d’un processus de tannage authentique et ancestral à base de fiente de pigeon. L’accepter comme tel change toute l’expérience.
- La préparation est la clé : La réussite de votre visite photographique repose sur des choix stratégiques : viser les terrasses des boutiques n°10 ou n°64 pour la vue, et opter pour une protection efficace (masque FFP2, huile essentielle) au-delà de la simple feuille de menthe.
- L’authenticité a ses codes : Un véritable artisanat de Fès se reconnaît à des signes précis : un grain de cuir irrégulier, une odeur animale naturelle, et une palette de couleurs issue de pigments végétaux (ocre, indigo, rouge brique).
Acheter de l’artisanat au Maghreb : comment distinguer le véritable fait-main des copies industrielles ?
Le cuir n’est qu’une facette de l’incroyable richesse artisanale de Fès et du Maroc. Que vous soyez tenté par une lanterne en laiton, un plat à tajine en céramique ou un tapis coloré, la question reste la même : est-ce une pièce authentique ou une copie industrielle fabriquée en série ? Le secteur de l’artisanat est un pilier économique, représentant un volume d’affaires considérable. Derrière les chiffres, une réalité complexe où le meilleur côtoie le moins bon. Savoir distinguer le vrai du faux est essentiel pour faire un achat éclairé et valoriser le travail des véritables maîtres artisans.
Quelques tests simples, basés sur la physique et l’observation, peuvent vous aider à vous forger un premier avis. Pour les objets en métal (laiton, cuivre), le test du poids est infaillible : une pièce artisanale, souvent en laiton massif, sera étonnamment lourde, tandis qu’une copie industrielle, souvent creuse ou en alliage léger, paraîtra décevante en main. Pour la céramique et les poteries, le test de l’asymétrie est votre meilleur ami. Recherchez les micro-variations, les légères irrégularités dans la forme ou le dessin. Une symétrie parfaite est souvent le signe d’un moulage industriel. Le son peut aussi être un indicateur : une poterie artisanale de Fès, en terre cuite dense, aura un son mat et profond lorsqu’on la tapote, contrairement au son plus clair et fin d’une céramique industrielle.
Votre plan d’action pour identifier une pièce authentique
- Points de contact : Analysez l’objet avec vos mains (poids, texture), vos yeux (irrégularités, finitions) et vos oreilles (son).
- Collecte des indices : Un pouf lourd est bon signe (rembourrage en chutes de tissu/cuir, pas en plastique). Un motif de zellige avec de minuscules imperfections est la signature du fait-main.
- Confrontation à la logique : Un prix dérisoire pour un objet complexe (ex: tapis) doit alerter. Le vrai travail a un coût. Demandez d’où vient l’objet ; un vendeur vague est un mauvais signe.
- Mémorabilité de l’imperfection : Repérez une petite « erreur » charmante, une trace d’outil, une variation de couleur. C’est l’âme de l’objet, ce qui le rend unique par rapport à un produit standardisé.
- Plan d’intégration : Si l’objet passe ces tests et vous parle, il est authentique pour vous. La connexion émotionnelle est le critère final.
Enfin, pour les poufs, un grand classique, le test du rembourrage est radical. Demandez à voir l’intérieur : un pouf traditionnel de qualité est rempli de chutes de coton et de cuir (parfois même de vieux vêtements), ce qui le rend dense et lourd. Un rembourrage en plastique ou en mousse synthétique signe une production bas de gamme destinée aux touristes pressés.
Derniers dinandiers et ébénistes : où voir les artisans travailler dans leurs ateliers d’origine ?
Au-delà des tanneries, la médina de Fès est un atelier à ciel ouvert où des savoir-faire ancestraux se perpétuent. Pour vraiment saisir l’âme de la ville, il faut s’éloigner des artères principales et partir à la recherche des maîtres artisans dans leurs ateliers d’origine. C’est là, dans le bruit des marteaux et l’odeur du bois de cèdre, que la magie opère. Le meilleur moment pour cette exploration est en semaine, le matin, lorsque l’activité bat son plein (le vendredi, jour de prière, de nombreux ateliers sont fermés). Un itinéraire simple permet de découvrir plusieurs corps de métier en une courte balade.
Le point de départ idéal est la Place Seffarine. C’est le cœur battant de la dinanderie, l’art de travailler le cuivre et le laiton. Le son des marteaux qui façonnent chaudrons, plateaux et théières est incessant et hypnotique. C’est un spectacle vivant où l’on peut observer des techniques transmises de père en fils. De là, dirigez-vous vers le Foundouk Nejjarine, qui abrite aujourd’hui le Musée des Arts et Métiers du Bois. Si le musée est magnifique, ne manquez pas les ruelles adjacentes où se cachent encore quelques ébénistes, sculptant le bois de cèdre odorant. Enfin, en vous rapprochant de la porte Bab Boujloud, vous trouverez de nombreux ateliers de babouchiers. C’est la suite logique de la chaîne de valeur : le cuir, arrivé des tanneries, est ici coupé, cousu et transformé en ces célèbres chaussons souples.
Cette immersion au cœur de la production est une expérience photographique et humaine inoubliable. Demandez toujours la permission avant de photographier un artisan de près. Souvent, un sourire, un signe de tête et un intérêt sincère pour leur travail suffisent à créer un lien et à obtenir l’autorisation de capturer un geste, un visage concentré, un outil patiné par le temps.
Acheter des épices au souk : comment constituer un coffret de qualité pour moins de 20 € ?
Après l’expérience visuelle et olfactive des tanneries, terminez votre exploration sensorielle par le souk des épices. Ramener un coffret d’épices est un excellent moyen de prolonger le voyage dans votre cuisine. Mais comme pour le cuir, tous les mélanges ne se valent pas. Pour moins de 20 euros, vous pouvez composer un coffret d’une qualité exceptionnelle, à condition de suivre quelques règles simples pour éviter les pièges à touristes. La première règle d’or est d’acheter les épices entières, et non moulues. Graines de cumin, bâtons de cannelle, poivre en grains, clous de girofle… Elles conserveront leur saveur et leur parfum beaucoup plus longtemps. Vous les moudrez vous-même au besoin.
La pièce maîtresse de votre coffret sera le Ras el Hanout, littéralement « la tête de la boutique », le mélange signature de chaque épicier. Fuyez les pyramides parfaites de poudres aux couleurs vives destinées aux photos. Demandez à l’épicier de composer un mélange « beldi » (traditionnel) pour vous, sur mesure. Un bon Ras el Hanout contient au moins 7 épices essentielles : curcuma, gingembre, cannelle, cumin, coriandre, poivre noir et clou de girofle. Certains mélanges de prestige peuvent en contenir plus de 30 ! Pour un clin d’œil à votre visite des tanneries, vous pouvez même demander à inclure les pigments naturels que vous avez vus : le paprika pour le rouge (qui remplace le coquelicot), et le curcuma pour le jaune. Si votre budget le permet, quelques pistils de safran seront la touche finale.
En discutant avec l’épicier, en choisissant vos épices une à une, vous ne faites pas simplement des achats : vous participez à un rituel social et commercial, et vous vous assurez de la qualité de ce que vous ramenez. Un coffret ainsi composé est bien plus qu’un souvenir : c’est un concentré authentique des saveurs du Maroc. Pour mettre en pratique ces conseils, il suffit désormais de vous lancer et de vous laisser guider par votre instinct et les connaissances acquises.